Irak :
autopsie d’une prétendue “résistance”
version féminine • Huguette Chomski
Magnis
Publié le jeudi 5 février
2009, par MPCT
Une
dépêche de l’ESISC (1)
nous apprend l’existence d’une vidéo
récemment rendue publique par la police
irakienne : une femme accusée d’aider
au recrutement de femmes terroristes "suicide"
(ou “bombe humaine”) y livre des informations
sur le fonctionnement de son réseau.
Cette
personne, Samira Ahmed Jassim, en aurait aussi
révélé le mécanisme
dans une interview à Associated Press :
des jeunes femmes étaient violées
puis dirigées vers elle.
Agée
de 50 ans, elle inspirait confiance aux victimes
et leur prodiguait ses conseils en les persuadant
de commettre des attentats “suicides”
pour laver, radicalement, leur honneur.
Selon
un porte-parole militaire irakien, le Major Général
Qassim Al Moussawi, la suspecte, en liaison avec
les dirigeants du groupe islamiste Ansar Al Sunnah,
aurait recruté plus de 80 femmes candidates
et reconnaîtrait avoir commandité
28 attentats "suicides" dans différentes
régions d’Irak.
Les attentats
meurtriers ont littéralement saigné
la population irakienne sans jamais mobiliser
beaucoup les ONG, l’opinion et l’establishment
politique. Ils ont été relatés
discrètement par des médias qui
accompagnaient effectivement certaines dépêches
de la laconique mention d’une "femme
kamikaze"
Le recours à des femmes
pour commettre ce type d’attentat n’
a pas commencé en Irak. Au risque de déplaire,
il faut rappeler que c’est Yasser Arafat
qui, pour doubler le Hamas, appela le premier
les femmes à se faire "shahidas".
A l’époque le Hamas ne confiait pas
encore d’aussi “nobles” missions
aux femmes, cantonnées à une tâche
de reproduction.
Wafa Idriss fut la première
femme palestinienne à commettre un tel
attentat, le 27 janvier 2002, dans un centre commercial
de Jérusalem. La journaliste Barbara Victor
a mis en lumière le fait que, dans la plupart
des cas, les femmes "shahidas" étaient
des marginales dans leur société,
invitées à se racheter ainsi de
leur faute présumée.
L’affaire
du réseau irakien, sous réserve
que les faits soient avérés,
au terme d’une enquête rigoureuse,
illustrerait une monstruosité sans pareille,
avec l’orchestration des viols en amont
par des islamistes en mal de recrutement de terroristes.
L’obscurantisme
criminel d’une Charia qui veut que la victime
d’un viol soit la coupable à sacrifier,
le terrorisme qui vise à tuer un maximum
de civils au moyen de l’explosion sacrificielle
d’un être humain et le trafic de femmes,
tout se combine, au service de ce qui n’a
de “résistance” que l’étiquette
dont veulent bien l’affubler les adeptes
de l’approche relativiste (entendez justificatrice)
du terrorisme. Et ceux du relativisme culturel.
Ce
sont généralement les mêmes.
Huguette
Chomski Magnis
(1)
http://www.esisc.org
ø