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Courrier
novembre 2005
Au
sujet de
«
Une vie de correspondances » de Françoise
Dolto
Le
lecteur intéressé trouvera, en
tête du texte de Françoise Dolto
- infra, intitulé «
Autour du miroir », la reproduction
partielle, en fac-simile, de la lettre,
non retenue dans le volume « Françoise
Dolto • Une vie de correspondances, 1938-1998
», paru très récemment
chez Gallimard, que je lui avais adressée
le 11 avril 1983, au sujet de mon interrogation
sur la pertinence et la solidité théoriques
du « Stade du miroir » de Lacan.
La seconde partie de cette lettre est d'ordre
privé, je l'ai supprimée. J'ai
seulement laissé la “réponse
au dos” de la main de Françoise
à cet endroit et ses conclusion et signature
en haut à gauche. La reproduction du
fac-similé de la lettre/réponse
intégrale de Françoise Dolto figurant
dans « Une vie de correspondances
», et sa dédicace “À
Micheline Weinstein” se trouvent
dans Florilettres n° 63, Lettre,
plutôt revue bi-mensuelle de la Fondation
La Poste.
Sur ma demande, Françoise Dolto avait
en 1979, dicté au magnétophone
la préface magnifique de «
Histoire de Louise », parue au Seuil,
que j'ai retranscrite à partir de la
bande magnétique pour notre site - infra.
Le premier paragraphe de cette lettre du 11
avril 1983, où je lui fais part d'une
conférence à laquelle j'ai à
penser pour la fin du mois de mai, évoque
le Congrès de Rome de 1953 où,
déjà, Françoise Dolto interpellait
Lacan au sujet de son « Stade du miroir
».
Il aura fallu 22 ans pour que ce texte de Françoise
Dolto soit officiellement publié. De
lettre, que j'avais dactylographiée pour
que F. D. puisse apporter confortablement ses
modifications, elle était devenue un
texte.
La conférence où j'ai lu ce texte
et l'ai commenté, le 26 mai 1983, a pu
se réaliser grâce à l'initiative
et à l'invitation personnelles, mais
d'abord au courage, compte-tenu de l'enjeu théorique
qu'il impliquait, du Docteur Maurice Boumandil,
en plein Étang de Berre, devant les membres
de L'Association de la formation médicale
continue des médecins exerçant
en groupe ou en équipe de Marseille-Nord,
Aix-en-Provence et Étang de Berre,
c'est-à-dire principalement les Groupes
Balint du Sud-Est de la France.
Au sujet des traînées de calomnies,
d'injures, qui accompagnent les commentaires
dont Françoise Dolto fait l'objet avec
la sortie du livre de sa correspondance, quels
que soient les accords, désaccords théoriques
psychanalytiques et idéologiques des
uns et des autres, je souhaiterais préciser
que le Docteur Maurice Boumandil était
Juif et Communiste (“moi
non plus”, aurait conclu Salvador
Dali). Les “anti-” (sémite...
communiste... ) et autres interjections plus
ou moins “soft”, toujours hypocrites,
dont les “on” pensants chargent
Françoise Dolto, irrecevables, vulgaires,
disqualifient le monde intellectuel français
moderne grâce à ceux qui les profèrent.
Françoise Dolto, telle que je l'ai connue,
ne s'intéressait qu'aux qualités
d'un être humain, quel qu'il soit, de
la naissance à la mort. Le reste ne la
concernait pas. Au plan personnel, j'ai toujours
dit à tout le monde, sans m'inquiéter
de savoir si l'on m'entendait, m'écoutait,
ou pas, que Françoise Dolto avait, après
la Deuxième Guerre Mondiale, fait en
sorte que je sois en vie, puis que mon analyse
s'accomplisse, ailleurs, cela va de soi, et
que j'apprenne mon métier d'analyste.
M.
W
7
novembre 2005
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