© Me Bertrand Ramas-Muhlbach
/ Israël-Infos • Septembre 2009
L'analyse
politique de Maître Bertrand Ramas-Muhlbach
Avec l'autorisation de l'auteur et du journal
Les Palestiniens jettent des pierres... les Juifs
les ramassent
pour
construire des immeubles dans le désert
Le jet de pierres
sur les voitures israéliennes est une activité
(quotidienne) qui se porte bien chez les palestiniens.
Ce 10 septembre 2009, cela s'est encore produit
sur une route près de Sinjil, dans la région
de Ramallah, le 11 septembre 2009, c'est la ville
de Shilo en Samarie Nord qui a été
visée mais également les environs
de la communauté juive d'Hébron
et classiquement, le phénomène se
rencontre a proximité de la ville de Qalqilya
ou encore près de Jérusalem…
Si les pierres
sont a priori
moins dangereuses que les cocktails Molotov (également
utilisés contre les véhicules israéliens),
il n'en demeure pas moins qu'elles occasionnent
de nombreux dégâts matériels
et blessent parfois les occupants des véhicules.
De plus, ce comportement palestinien tout à
fait pénible contraint généralement
l'armée israélienne à ratisser
les secteurs concernés pour rechercher
les auteurs afin de les appréhender...
Le principe du
jet de pierre n'en est pas moins bien ancré
dans la culture palestinienne, les palestiniens
se sentant obligés de rappeler chaque jour
qu'ils ne supportent pas les juifs et que leur
seule présence déclenche chez eux
des comportements agressifs et barbares.
À cet égard,
il n'est pas inopportun de rappeler le décalage
qui existe entre les propos des leaders palestiniens
qui martèlent leur aspiration à
la paix (laissant parfois douter de la bonne volonté
des autorités israéliennes) et la
réalité sur le terrain. En effet,
non seulement il n'est pas très amical
de jeter des pierres sur des personnes que l'on
ne connaît pas mais en outre, il est tout
à fait incohérent d'afficher une
volonté sincère de faire la paix
avec les juifs si leur présence est fondamentalement
insupportable.
En réalité,
cette affirmation de soi qui s'exprime dans le
jet de pierres prolonge un sentiment de victimisation
que cultive la société palestinienne,
comme si finalement les palestiniens n'existaient
qu'en considération de leur statut spécifique
face aux bourreaux juifs.
Il suffit pour
s'en convaincre de lire chaque jour les articles
de la presse palestinienne, construits sur ce
principe.
La presse quotidienne
palestinienne dénonce les horribles conditions
de vie des palestiniens au moyen d'un vocabulaire
tout à fait adapté. On peut ainsi
apprendre que « les juifs volent des terres
pour construire le mur d'apartheid », qu'ils
« font la guerre aux palestiniens »,
que « les violences mettent directement
en cause Tel-Aviv » (et non Jérusalem
puisqu'il s'agit de la capitale de la Palestine),
que « les israéliens tentent d'affaiblir
la résistance palestinienne », que
« les colons juifs perpètrent des
exactions et font craindre une répétition
des scenarii précédents »,
que « le terrorisme israélien vise
à désespérer la population
palestinienne »...
Bien naturellement,
ces articles sont entourés de photos qui
montrent les difficultés rencontrées
par les services médicaux qui tentent d'assurer
le minimum de soins, le secteur palestinien qui
vient d'être attaqué et est quadrillé
par l'armée israélienne, une habitation
totalement détruite (avec certainement
tous ses occupants), voire enfin une ambulance
du croissant rouge mitraillée...
Avec tout ceci,
les journalistes palestiniens ne manquent pas
d'insister sur l'insuffisance des infrastructures
sanitaires, l'accès difficile aux soins
et à l'eau potable en raison des restrictions
de circulation des biens et des personnes imposées
par l'armée israélienne, l'importance
du taux de mortalité infantile (heureusement
compensé par un exceptionnel taux de natalité),
alors qu'ils commentent une rencontre qui se tient
à l'université de Tulkarem dont
l'objet est de faire l'état des lieux des
nuisances du Mur sur la population et l'économie
palestinienne...
En fin de compte,
il est possible de comprendre grâce à
la presse (il ne s'agit pas de propagande) palestinienne,
que les journalistes jouent un rôle fondamental
pour motiver les troupes, laissant presque entendre
que le jet de pierres est le minimum (syndical)
que les palestiniens puissent entreprendre pour
se défaire de cette horrible emprise juive...
En réalité,
dans leur mode existentiel, les palestiniens se
présentent (voire s'auto-proclament) comme
étant les victimes expiatoires des juifs,
exclus comme s'ils étaient punis et condamnés,
et ce, de la façon la plus injuste qui
soit.
Il existe en effet
quelques ressemblances entre leur statut et le
rite expiatoire annuel (du Yom Kippour) décrit
dans le seizième chapitre du Lévitique.
Dans ce rituel, le grand Prêtre prend deux
boucs et les tire au sort. L'un d'eux est sacrifié
à Dieu, tandis que l'autre est envoyé
dans le désert vers Azazel. Or, ce dernier
qui est encore le « bouc émissaire
» a une fonction bien précise puisqu'il
doit emporter les fautes des juifs dans le désert
: « Aaron lui posera les deux mains sur
la tête et confessera à sa charge
toutes les fautes des Israélites, toutes
leurs transgressions et tous leurs péchés.
Après en avoir ainsi chargé la tête
du bouc, il l'enverra au désert sous la
conduite d'un homme qui se tiendra prêt,
et le bouc emportera sur lui toutes leurs fautes
en un lieu aride. » (Lévitique XVI
; 21-22).
De la même
manière, les palestiniens sont installés
dans quelques grandes villes disséminées
dans le désert de Judée Samarie
(ou de la bande de Gaza pour ceux qui résident
sur ce territoire), et se présentent comme
les victimes (expiatoires) des juifs qui portent
leur péché (à savoir le vol
de leur terre). Bien évidemment, ils luttent
contre ce statut et exploitent habilement leur
condition pour susciter l'émotion et provoquer
une compassion internationale...
Que les palestiniens
abandonnent donc ce rôle, qu'ils arrêtent
de se plaindre, et qu'ils commencent à
ramasser les pierres, non pour les jeter sur les
juifs mais comme eux, pour aménager le
désert. Ils comprendront alors que la seule
partie du désert qu'ils peuvent éventuellement
revendiquer est celle où il n'existe encore
aucune construction et sur laquelle aucun État
n'exerce de souveraineté concurrente.
De même,
ils pourront percevoir la raison pour laquelle
les juifs aménagent le désert, s'agissant
ni plus ni moins de recommandations divines.
L'homme doit remplir
la terre, l'assujettir et dominer la création
(Gn 1,28). L'homme doit travailler pour manger
le pain à la sueur de son visage (Gn 3,19)
et n'accomplira sa vocation qu'à travers
ses actes : « Le paresseux ne fait pas lever
son gibier, mais l'activité est le plus
précieux des biens (Pr 12,27). Lorsque
les palestiniens auront alors bien travaillé,
ils pourront de la même manière se
reposer une journée (Exode 20.9-10). »
Il se trouve entre
les villes palestiniennes de Cisjordanie, (mais
également sur la bande de Gaza) des kilomètres
carrés de zone désertiques. Que
les palestiniens en profitent donc pour montrer
à leurs voisins juifs qu'ils ont également
des talents d'architectes et tout autant d'imagination
pour concevoir de jolis ensembles immobiliers.
Cette utilisation des pierres leur sera sûrement
plus profitable.
http://www.israel-infos.net/article.php?id=4602