Pour
faire suite à l'étude en cours
des concepts et non-concepts (cf. infra,
les termes de : injure, racisme, inspiration
et quelques autres), je choisirai aujourd'hui
celui de“Ostracisme”, en usage de préférence par y
•
LE TEMPS DU NON,
depuis sa création, voici 18 ans, et dans
lequel nous retrouvons encore la sonorité
eugénique du racisme.
Freud tenait beaucoup à ce que la transmission
orale et écrite de la psychanalyse passe
en langue courante, de sorte qu'elle ne
se heurte pas aux barrages sémantiques habituels,
construits par les spécialistes de la philosophie,
des sciences dites exactes, du vocabulaire
médical etc.
Voici donc, pour commencer, comme nous pensons
que doit se pratiquer la pédagogie, la définition
donnée par le Grand Usuel Larousse,
OSTRACISME n. m. (gr.
ostrakismos, de ostrakon, tesson de poterie
sur lequel chaque citoyen inscrivait son
suffrage). 1. Procédure en usage au Ve s.
av. J.-C., à Athènes, permettant de bannir
pour dix ans les citoyens dont on craignait
la puissance ou l'ambition politique. -
2. Action de tenir qqn qui ne plaît pas
à l'écart d'un groupe, d'une société, d'une
manière discriminatoire et injuste : Être
frappé d'ostracisme.
Cette définition nous a semblé la plus juste,
qui réunit en un seul tous les concepts
de haine et d'injures, appliqués par l'être
humain doué de parole, d'où qu'il vienne,
dès qu'il se trouve coagulé en collectivité,
à ses prochains, à ses lointains, à sa famille,
à ceux qui n'en sont pas, aux jeunes, aux
vieux, aux couleurs de peau, aux traits
physiques, aux accents, aux noms, aux vivants
et aux morts, aux enfants dont il massacre
l'avenir en les modelant à son désir de
le rendre comme lui, sauvage, tout en exigeant,
parallèlement, pour lui même, pour lui seul,
le droit au concept de respect.
M. W.
12 décembre 2003