Psi . le temps du non

Le concept pédagogique de « Ostracisme »

Il est plus facile d'élever un temple que d'y faire descendre l'objet du culte
Samuel Beckett • « L'Innommable »
Cité en exergue au « Jargon de l'authenticité » par T. W. Adorno • 1964

Ø

Personne n’a le droit de rester silencieux s’il sait que quelque chose de mal se fait quelque part. Ni le sexe ou l’âge, ni la religion ou le parti politique ne peuvent être une excuse.

Bertha Pappenheim
Micheline Weinstein / Décembre 2003

Le concept pédagogique de
« Ostracisme »

Pour faire suite à l'étude en cours des concepts et non-concepts (cf. infra, les termes de : injure, racisme, inspiration et quelques autres), je choisirai aujourd'hui celui de“Ostracisme”, en usage de préférence par y • LE TEMPS DU NON, depuis sa création, voici 18 ans, et dans lequel nous retrouvons encore la sonorité eugénique du racisme.
Freud tenait beaucoup à ce que la transmission orale et écrite de la psychanalyse passe en langue courante, de sorte qu'elle ne se heurte pas aux barrages sémantiques habituels, construits par les spécialistes de la philosophie, des sciences dites exactes, du vocabulaire médical etc.
Voici donc, pour commencer, comme nous pensons que doit se pratiquer la pédagogie, la définition donnée par le Grand Usuel Larousse,

OSTRACISME n. m. (gr. ostrakismos, de ostrakon, tesson de poterie sur lequel chaque citoyen inscrivait son suffrage). 1. Procédure en usage au Ve s. av. J.-C., à Athènes, permettant de bannir pour dix ans les citoyens dont on craignait la puissance ou l'ambition politique. - 2. Action de tenir qqn qui ne plaît pas à l'écart d'un groupe, d'une société, d'une manière discriminatoire et injuste : Être frappé d'ostracisme.

Cette définition nous a semblé la plus juste, qui réunit en un seul tous les concepts de haine et d'injures, appliqués par l'être humain doué de parole, d'où qu'il vienne, dès qu'il se trouve coagulé en collectivité, à ses prochains, à ses lointains, à sa famille, à ceux qui n'en sont pas, aux jeunes, aux vieux, aux couleurs de peau, aux traits physiques, aux accents, aux noms, aux vivants et aux morts, aux enfants dont il massacre l'avenir en les modelant à son désir de le rendre comme lui, sauvage, tout en exigeant, parallèlement, pour lui même, pour lui seul, le droit au concept de respect.


M. W.
12 décembre 2003