Psi . le temps du non

De la xénéophobie ordinaire récurrente... [suite].. 

Il est plus facile d'élever un temple que d'y faire descendre l'objet du culte

Samuel Beckett • « L'Innommable »

Cité en exergue au « Jargon de l'authenticité » par T. W. Adorno • 1964

Ø

Personne n’a le droit de rester silencieux s’il sait que quelque chose de mal se fait quelque part. Ni le sexe ou l’âge, ni la religion ou le parti politique ne peuvent être une excuse.

Bertha Pappenheim

N. B. • Il est préférable, pour la lecture des lettres grecques, essentiellement le “psi”,

y

d'utiliser uniquement « Internet Explorer ». La plupart des autres logiciels ne les restituent pas, ou alors, pour le “psi”, avec un “y” qui ne signifie rien.
Nous serions très reconnaissants aux lecteurs éventuels de bien vouloir nous signaler les coquilles dans le texte. Il est très facile de les corriger directement sur le site.
Merci et bien cordialement.

ø

© M. W. y [Psi] • LE TEMPS DU NON / fin décembre 2007
 
 
 
De la xénophobie ordinaire récurrente [suite... ]
 
Lettre à Élisabeth Roudinesco
 
 
 
Paris, le 30 décembre 2007
 
 
Chère Élisabeth Roudinesco,
 
Suivant le fil de ce qui pense pour moi, me vient alors à l'esprit et qui, tel l'inconscient, ne connaît pas la fuite du temps, je viens de reprendre vos remarquables « Note de lecture et commentaire du Livre noir de la psychanalyse » [Lien], du 29 août 2005, que vous aviez bien voulu nous autoriser à publier sitôt écrits sur le site Internet de notre association.
Par votre sérieux d'historienne de la psychanalyse, votre honnêteté intellectuelle que nul, pas même le milieu de l'édition, ne saurait contester, et pour pouvoir y répondre d'une écriture fluide, de façon solidement étayée, point par point, vous avez attentivement lu ce “non-livre”. “Non-livre”,  en ce qu'il collecte obsessivement, je vous cite,
 
“Les chiffres[qui] sont faux, les affirmations inexactes, les interprétations parfois délirantes. Les références bibliographiques sont tronquées et l'index est un tissu d'erreurs”,
 
ce qui est absolument exact, mais ce que je soulignerais d'abord, ce serait l'intention qui anime ce recueil et les éructations qui en résultent, un ramassis d'injures les plus vulgaires et les plus basses - dont vous êtes vous-même l'objet -, franchement xénophobes, destinées à invalider l'invention de Freud et en conséquence son apport aux sciences expérimentales. C'est-à-dire à discréditer le nom de l'auteur de la psychanalyse en même temps que son nom-même et par là, la discipline elle-même qu'elle représente et qu'elle exige.
Le sous-intitulé de ce recueil collectif, “Vivre, penser et aller mieux sans Freud”, ce “sans Freud” rappelle durement, brutalement, le “sans les chambres à gaz” des négationnistes, fussent-il ou non “révisionnistes”.
Chaque fois qu'inonde le marché un ouvrage de ce genre, acharné à attaquer l'être à la fois dans la chair, dans l'esprit, dans la vie intime, dans la place qu'il a occupée, occupe ou occupera, durant toute sa vie d'humain parlant et pensant, avant  de le commenter, c'est-à-dire d'abord de le lire pour pouvoir le faire intelligemment, il est permis, ne serait-ce qu'à la lecture de la 4e de couverture, de s'interroger sur les motivations de l'éditeur et sur la responsabilité intellectuelle du monde de l'édition dans le surgissement ultérieur d'accidents graves de l'Histoire.
Bien que je ne figure pas dans votre « Histoire de la psychanalyse en France », sans doute pour cause de non-appartenance, de mon fait, à un “Lobby” ou à un “Clan”, des “réseaux”, dont je n'avais nul besoin autrefois pour travailler en silence et en paix, loin des vacarmes, je souhaiterais tout de même m'attarder sur quelques passages de votre texte.
Il va de soi que l'on croise dans ce recueil des réalités, d'ailleurs intentionnellement amputées de leur contexte, comme on trouve quelquefois des pièces d'antiquités d'époque dans les décharges publiques.
Le mode de comparaison choisi par ce recueil pour détruire la théorie freudienne et éclabousser de sa hargne les analystes, est établi sur un seul maître-étalon, Lacan, comme unique représentant de la psychanalyse en France avec le mouvement, un raz-de-marée intellectuel qu'il a entraîné lequel, tel une mode, a recouvert, un par un et en bloc, tous travaux indépendants émanant de chercheurs et de praticiens extérieurs à son influence.
À aucun moment, dans ce recueil, la pratique effective de Lacan, ses hypothèses théorisées - celles d'un grand penseur heideggerien -, ses résultats thérapeutiques mais aussi didactiques, ne sont évoqués, pas plus que discutés.
Au sujet de Lacan, ce n'est pas nouveau, nos chemins se séparent, chère Élisabeth Roudinesco, mais sans que cela ait, de mon côté, une quelconque incidence.
Ainsi, pourrait-on en effet s'étonner d'un psychanalyste, Lacan, se déclarant comme freudien quasi auto-dépositaire de ce nom et du métier, jouissant d'une notoriété considérable, en 1974 lors d'un congrès important à Rome, qu'il qualifie Anna, fille de Freud, de “chiure de mouche”. Qui est la mouche dont Anna Freud serait la chiure ? La mouche à quoi... ?
Est-il psychanalyste, celui qui, en séance plénière et bondée, à la Maison de la Chimie à Paris, écartant d'un revers futile les sérieuses retombées de son acte sur le transfert, donc sur l'analyse des analysant/e/s présents dans la salle, humilie publiquement l'une de ses premières et plus proches élèves, analyste de renom elle-même, arrivée très jeune des encore “colonies”  africaines pour recevoir en France l'enseignement réputé, et qui devient dès lors, par cette gifle, la risée de ses collègues ? Sur quoi, ce grossier opprobre, ce mépris ? Sur l'hypothèse, par cette analyste, d'un “mathème de la perversion”, lequel a fortement déplu au Maître comme n'étant pas une application de son enseignement. Je l'ai gardé, ce “mathème” depuis près de 30 ans, qui  attribuait une place topologique au fantasme dans la perversion, et pourrais mathématiquement autant qu'analytiquement démontrer que s'il a excédé Lacan, c'est que, selon toute vraisemblance, il le concernait de très près.
À propos du “fantasme” justement, l'une des conséquences des ukases portées par ces “Pontes” pour contrer la pensée vivace d'analystes indépendants, a abouti à l'aplatissement généralisé du vocabulaire de la psychanalyse. Si bien qu'aujourd'hui le terme de “fantasme” est balancé à tout-va comme une injure, sans aucun souci par les locuteurs de la signification de ce concept fondamental en psychanalyse.  “Fantasme” a essaimé jusqu'à envahir, tels les murs et cloisons de toilettes publiques, les rues, les télés, la presse, les prétoires, les académies, les universités... Il jaillit par automatisme, quel que soit le niveau de culture, dès que n'importe qui veut se débarrasser de la parole ou/et du témoignage de quelqu'un, auquel “on” la ferme vigoureusement et, par ce terme, qu'“on” fait suspecter en public de folie délirante. Cela rappelle avec inquiétude le siècle du goulag... sans qu'il ne soit même plus nécessaire de pratiquer l'exclusion physique jusqu'aux confins de la Sibérie...De même que l'accusation, avec ses références à la fois juridiques et psychiatriques, de “harcèlement”, est jetée par n'importe qui d'inculte délibéré à la face de quiconque pour la lui fermer, quand avec persévérance quiconque se risque à avancer ce qu'il considère et dont il témoigne comme, non pas une prophétie, mais sa vérité toute simple. Ou encore le terme de “narcissisme”, accusation placardée dans les médias par un secrétaire de parti, probablement mal conseillé par un “psy”, dont les pauvres calembours, les atteintes à la personne, passent pour de l'humour... C'est très courant, très banal. Peut-être serait-il mieux inspiré s'il se reportait aux remarques de Freud et de François Perrier, et voulait bien les assimiler,

Ironie Toujours un jugement qui fait toujours une victime

Humour Rien de plus désintéressé. Ne va pas sans une critique libre de soi-même. L’humour est aussi un dévoilement de l’objet sous un autre jour, mais dans une pudeur, une réserve, une contention qui n’est pas celle du comique avec ses effets de cirque, ses chutes répétées. L’éthique de l’analyste est de ce côté-là.

François PerrierPetit glossaire...


L’humour a non seulement quelque chose de libérateur, proche en cela de l’esprit et du comique, mais encore quelque chose de magnifique et d’émouvant, traits qui ne se retrouvent pas dans ces deux autres modes, issus de l’activité intellectuelle, d’acquisition d’un surcroît de plaisir. Le magnifique tient évidemment au triomphe du narcissisme, à l’immunité du Moi victorieusement affirmé. Le Moi se refuse à se laisser entamer par les contraintes de la réalité, à se laisser imposer la souffrance, il résiste fermement aux atteintes des traumas causés par le monde extérieur, dont il montre, bien plus, qu’ils peuvent devenir des agents d’un surcroît de plaisir. Ce dernier trait est la qualité essentielle de l’humour.

FreudDer Witz.



Est-il sérieusement analyste, cet auteur lacanien dodu, féru de comparaisons avec l'ancien testament qui, tout au long de son article dans une revue collective consacrée au “Moïse... ” de Freud, pour décrire l'enseignement d'un rabbin, le nomme et le renomme : le “ Rabbit”, le “Lapin” en anglais, sans que personne ne moufte ? C'est resté tel quel depuis dans les archives et au dépôt légal.

Quand on songe au désir de Freud que la psychanalyse soit une œuvre de civilisation, à son respect de l'être humain, de la langue et de la belle, concise, écriture... la nostalgie nous gagne...
Revenons au collectif du « Livre noir... ». Là encore, ce collectif choisi par l'éditrice, lâche ses sanies à destination de lecteurs prêts à se jeter sur toutes les formes d'expressions de transfert négatif, et non pas seulement sur celles de la force contraire à la psychanalyse, qu'en français nous traduisons par “résistance” , laquelle est née en même temps que naissait la psychanalyse elle-même et persiste, perdure, solidement après un siècle.
Naturellement, ce collectif, parangon de l'ignorance, s'épargne de discuter, commenter, interpréter, puisqu'il ne les a pas lus, les propos qu'il réfute, exactement comme ont coutume de procéder les négationnistes, lesquels ménagent leur économie libidinale pour la consacrer, à l'aide d'une dénégation violente, d'une haine du savoir, à leur seul principe de plaisir : la destruction de l'autre ciblé arbitrairement.
Certes, il est arrivé à Françoise Dolto d'émettre des affirmations assez inadéquates pour la psychanalyse, notamment celles qui ont trait à l'abus sexuel par les adultes sur les enfants. Or, si l'on replace l'évolution de la transmission dans un contexte historique, il semble que certaines interprétations erronées en France aient été causées par le fait que les analystes, à la suite de leurs modèles américains - contrairement à Anna Freud, aux écoles anglaise et allemande -, aient reçu avant et juste après-guerre, une formation de surface, disons normative, convenable, mondaine qui les a amenés à établir leurs avancées théoriques comme si les adultes, que l'on tend ainsi systématiquement à dédouaner, étaient déjà analysés, c'est-à-dire comme s'il suffisait aux enfants de leur dire “non” pour que les adultes maîtrisent leurs excès pulsionnels irréparables.
En langage codé, comme s'ils ne s'adressaient qu'à des élèves déjà initiés en analyse sur leurs divans, les analystes/enseignants se sont mis à professer la fonction paternelle, maternelle, l'autre grand ou petit, la loi, l'interdit majeur, le fantasme et le reste, comme si le sens, la portée des concepts analytiques avaient été intériorisés, assimilés depuis l'école maternelle chez tout le monde avec l'arrivée de Lacan sur terre.
Ce collectif inappétissant est donc principalement occupé à stigmatiser les personnes dans leur être intime, à éructer sa haine. Soutenir, argumenter, critiquer les différents de points de vue, faire un travail d'intellectuels responsables de la transmission, sont remarquablement absents de cet ouvrage... qui, naturellement, se vend avec succès.
Il faut reconnaître que ses auteurs n'ont pas eu de mal à forcer la brèche de l'ignorance délibérée, hissée à la dignité d'une éthique.
Par exemple, depuis 1983, date où Françoise Dolto m'écrivait une lettre/texte marquant l'un de ses nets désaccords avec Lacan, celui sur “Le stade du miroir”, que j'ai rendue publique quelques années plus tard, j'ai attendu de collègues qu'ils constituent un groupe de travail pour étudier, comparer les théories respectives et témoigner des réflexions auxquelles elles avaient incité. Ce texte figure depuis 2005 dans le second tome de la correspondance de F. D. édité par Gallimard et... toujours rien...
Par contre, je lis une brève dans un hebdomadaire, qui annonce pour 2008 un téléfilm où F. D. sera interprétée par Josiane Balasko, et pourquoi pas, mais ce n'est qu'une supposition, “sponsorisé” financièrement par la FNAC opulente. Après tout, Catherine Deneuve, à la mode américaine, a précédé Balasko en “faisant” la psychanalyste au cinéma, un cahier sur les genoux et un crayon à la main pour la prise de notes pendant les “séances”. Nous savons de tout temps que ce dispositif est incompatible avec l'écoute psychanalytique et la finesse d'interprétation, ne serait-ce qu'en ce qu'il annihile toute possibilité d'“insight”, bref, qu'il rend sourd.
Tant pis pour notre association, complètement à contre-courant, qui avait conçu le projet - lequel projet figure sur notre site généreux puisque ouvert au public et  assez fréquenté par des pilleurs de troncs - de marquer le centième anniversaire de naissance de F. D. par une année studieuse, laquelle aurait donné lieu à un colloque de psychanalyse, dans l'espoir de restituer à la psychanalyse son nom propre, et la place qui revient à celui qui l'a forgé, Freud. Pour cela, il aurait fallu reprendre sérieusement et paisiblement Freud dans le texte et à sa suite, pour ce qui concerne la psychanalyse, l'œuvre du meilleur clinicien que la France a produit avec Françoise Dolto, François Perrier, lequel n'intéresse pas grand monde non plus. Pourtant, ses « Voyages extraordinaires en Translacanie », non réédités, sont un complément, à mon sens indispensable, à votre œuvre d'historienne de la psychanalyse. Quant à « La chaussée d'Antin », qui rassemble l'œuvre de Perrier, toujours en vente car non-épuisée depuis sa réédition il y a 15 ans, c'est tout simplement un usuel de la théorie freudienne et de son évolution appliquées à la clinique, superbement écrit de surcroît (cf. également infra « Petit glossaire des concepts freudiens appliqués à la clinique selon François Perrier »[Lien]. 
Ç'eut donc été un colloque assez cadré, d'où le cinéma/documentaire/fiction aurait été résolument absent. En effet, si Freud et ses élèves refusaient et continuent de refuser au cinéma d'exhiber la psychanalyse, qui est exclusivement fondée sur le langage et donc sur l'écoute de la parole du sujet sans vis-à-vis incarné, c'est tout simplement pour éviter que l'image, projetée réellement en pleine face, tue tout à la fois les représentations psychiques, le champ de l'imaginaire, du rêve, celui de l'association libre... bref, celui des formations de l'inconscient. L'œil happé par l'image ferme l'oreille et vide l'esprit de sa pensée, c'est un phénomène envahissant, comparable à un lavage des cerveaux. C'était pour empêcher, par dessus tout, que la psychanalyse ne soit aplatie, arasée, banalisée, réduite à un divertissement, qui toujours, immanquablement, espère finir par en sonner le glas.
Le but du projet était clair : que la psychanalyse soit reconnue par son nom en tant que science expérimentale au moyen d'une Charte indépendante de tout autre, qui définisse les conditions d'accès à la pratique de la psychanalyse.
Depuis que nous avions annoncé notre projet sur le site, je me demandais qui allait le “piquer” et sous quelle forme. Maintenant nous savons, la démarche est  toujours la même par des collègues - mais oui, des “psychanalystes” - reconvertis pour leur retraite dans la production cinématographique, la plupart extrêmement fortunés, dont j'ai d'ailleurs publié les textes. Une partie de ces textes figure infra sur « L'inventaire » [Lien] , après que - c'était encore le long temps imbécile où j'avais l'esprit dans les  nuages d'un monde de solidarité... illusoire - je les ai réécrits pour les rendre présentables. J'ai su très vite que leurs auteurs s'en étaient servi, sans citer leur source naturellement, complètement à mon insu, comme objets de “passe” lacanienne pour s'intituler ou se faire intituler “psychanalystes”.
Le plus étrange, de la part de ces analystes - mais aussi des institutions juives de référence dans le domaine de la déportation, du monde de l'édition... -, c'est qu'ils ne me connaissent pas [sic], pas plus qu'ils ne connaissent l'association ni le site. Les uns, très peu, me l'écrivent comme Simone Veil dans son dernier courrier, certains, peu également me l'on carrément dit bien en face, d'autres, la grande majorité, mettent la chose en pratique et nous ignorent comme si, effectivement, nous n'existions pas. Pourtant 200 auteurs, analystes pour la plupart, ont été publiés par notre association depuis 20 ans et sont gardés dans nos archives. Tous, naturellement ne figurent pas sur le site, cela ne leur porte pas ombrage puisqu'ils ne nous connaissent pas.
Je ne suis pas parvenue à saisir cette posture d'élimination et d'absence intrinsèque de respect envers les 40 bébés - pour les plus anciens devenus grands et presque tous parents - mis au monde par les analysant/e/s passés ici, pas plus qu'envers les analysant/e/s eux mêmes, de tous âges et toutes conditions, chacun/e porteur de ses signifiants, bien vivants - excepté évidemment ceux que j'ai accompagnés jusque dans leurs derniers instants. Et ne veux pas savoir d'où cette posture émane. Les plus honnêtes parmi les analystes femmes, mais 3 ou 4 seulement, m'ont déclaré de but en blanc, lors de rencontres de hasard dans la cité : “Tu sais, j'ai toujours été jalouse de toi”. J'ai salué leur franchise d'un grand merci.
C'est comme si Françoise Dolto, à qui une très jeune analyste en formation, avec qui je n'ai jamais coupé le contact et avec qui je déjeune régulièrement encore aujourd'hui, m'avait adressée quand j'étais gamine à la sortie de la guerre, ne m'avait pas aidée tout simplement à accepter de vivre. C'est comme si notre amitié, avec Françoise Dolto, n'avait duré près de 45 ans, jusqu'au jour de sa mort. C'est comme si Françoise Dolto n'avait pas préfacé « Histoire de Louise » et enregistré la préface sur bande magnétique. C'est comme si Françoise Dolto n'avait pas écrit le manuscrit de sa lettre/texte sur le miroir [Lien] en 1983... C'est comme si le Cardinal Lustiger, encore archevêque à l'époque, n'avait pas présidé un dîner de l'association [archives / vidéo de l'association]... c'est comme si... mon plus célèbre analysant, François Le Lionnais, ne m'avait pas laissé les manuscrits de ses rêves sublimes... c'est comme si...
Je garderai donc mes archives/Dolto personnelles et abandonnerai mes merveilleux projets. Il semblerait par contre que ce dont sont friands ces collègues dotés de confortables moyens financiers et des appuis qui vont avec, c'est d'emprunter sans vergogne et signer les emprunts à peine déformés de leur nom. De toutes façons, dépourvue, c'est de notoriété publique, de la puissance de l'argent, ignorée, de mon fait, des “lobbies”, des clans et des réseaux dont, de ma tour de crédulité résiduelle, il m'aura fallu plus d'un demi-siècle pour en mesurer la fonction meurtrière, avec la mort de Françoise Dolto mes projets auront toujours été impossibles à réaliser concrètement. C'est la raison pour laquelle, résignée à n'apparaître ultérieurement que dans les archives, bien après que j'aurai entrepris mon voyage dans l'autre monde, j'ai daté et déposé tous mes écrits depuis plus de 40 ans.
Une satisfaction posthume tout de même : on trouvera également dans mes archives une petite collection de lettres chaleureuses de toutes conditions et de tous âges, témoignant des résultats thérapeutiques - je ne crains pas ce terme méprisé - de ma pratique analytique.
Je reviendrai sur ce thème de l'emprunt, de la soumission délibérée au principe de plaisir, à un minimum de dépense d'économie libidinale, un peu plus loin quand j'aborderai plus directement, par deux lettres, les manifestations actuelles de la xénophobie ordinaire récurrente.
Vous le notez,
 
La crise de la psychanalyse, qui est réelle aujourd’hui, a des causes multiples qui ne sont jamais évoquées par les auteurs, lesquels ont abandonné tout esprit critique pour se livrer à des dénonciations extravagantes.
...
Ce « Livre noir... » se distingue par ceci que,
 
[La diffamation] vise non seulement les membres des associations qui composent le mouvement (la carrière et les relations personnelles) mais aussi les associations elles-mêmes et la discipline dont elles se réclament.
De nombreux passages de ce livre sont également diffamatoires et pourraient faire l’objet d’une expertise par des avocats. Il serait sans doute préférable d’en rire tant la farce est énorme. Mais, de nos jours, plus la ficelle est grosse et plus la croyance est forte. N’oublions pas l’impact que peuvent avoir dans l’opinion publique les livres qui dénoncent de prétendues conspirations.
 
Comme le clamait Gœbbels, plus les slogans assenés sont gros et courts, mieux ça marche, les individus, faisant masses, les mettent en actes...
Votre texte se termine pas un constat que l'on reçoit avec désespérance, tant il est réel,
 
...quoiqu’il en soit, et compte-tenu de l’impact [que « Le livre noir... »] aura sur l’opinion publique, et notamment sur les patients en souffrance, il nuira à l’ensemble de la communauté psychanalytique, si celle-ci persévère à méconnaître les querelles historiographiques et les débats de société qui se sont développés, dans le monde entier, depuis vingt ans et qui, d’ailleurs, ne touchent pas seulement leur discipline.
 
En effet, le mal est accompli, l'œuvre de destruction de la psychanalyse a dépassé tous les pronostics..., beaucoup grâce à l'enseignement de Lacan, lequel prophétisait la mort de la psychanalyse après sa propre mort, et grâce, comme vous le soulignez, au terreau sur lequel il a pu croître. L'œuvre de destruction s'est nourrie autant de l'intérieur que de l'extérieur, par la démission des analystes eux-mêmes en regard d'une position éthique dont ils ont négligé de se préoccuper ou qu'ils ont oublié de maintenir pour mieux se faire valoir, à titre individuel, et se faire connaître par les médias. Ce qui a grandement ouvert la voie au succès de la diffamation de la psychanalyse que vous relevez.
En cela, en effet, le vœu des psychanalystes qui ont permis cette œuvre de destruction s'est réalisé : ils sont comme tout le monde. Or si l'analyste est et surtout se comporte “comme tout le monde”, c'est la mort de la psychanalyse. Bravo.
ø
 
Cette seconde partie de ma lettre un peu longue sera justement un témoignage de l'“être comme tout le monde”. Vous ne m'en voudrez pas si je suis obligée, comme bien souvent, de ne m'étayer que de mon expérience personnelle, je n'ai personne d'autre à disposition, pour les raisons que j'ai évoquées plus haut. Cependant, soyez assurée qu'il ne s'agit pas ici de mettre en avant ce détestable “Moi” dont la grande histoire ne m'a pas dotée, mais seulement d'une observation, à partir de choses reçues, par un simple témoin de son temps né à Paris sous l'Occupation.
C'est pourquoi j'ai intitulé, encore une fois, cette lettre « De la xénophobie ordinaire... ». Ordinaire, en ce qu'elle émane autant du monde intérieur propre à chaque être parlant et pensant, que du monde extérieur, révélant ainsi les comportements humains.
Commençons par le courrier, à peine modifié, cela va de soi, en direction du monde analytique, lequel s'adresse à ces mêmes gens dont les coutumes sont déjà largement décrites dans plusieurs textes sur le site,
Par courrier électronique.
 
 
 
Paris, le 23 décembre 2007
Chère Dr S.,
 
j'espère que tu as bien pris connaissance des vœux de notre association.
Je me demandais ce matin, avec mes adieux généraux et particuliers à 2007 et années précédentes, comment tu te trouvais - rapport à l'image de soi - quand tu te regardais devant ton miroir.
Et cela, dans la mesure où, instrumentée ou pas, tu as grandement contribué à ce que je sois foutue dehors du XIVe arrt, à ce que mon nom soit discrédité - mais les injures ne discréditent que leurs auteurs -, à ce que, tandis que j'étais confrontée à des difficultés abominables, C. et quelques autres, “piquent” sans vergogne dans ma “patientèle”... , ce qui aggravait, asséchait encore mon manque de moyens pour y faire face etc.
Sans vergogne, car ne pensant pas un instant, C., toi, M. et assimilés, que vos malfaisances étaient vues et entendues par d'autres, écœurés comme je le suis moi-même.
Z, censé professionnellement m'en protéger, n'avait plus qu'à s'engouffrer dans la brèche et me qualifier, sans aucune habilitation professionnelle à le faire - mais il n'est pas le seul, c'est une véritable mode chez les avocats -  de paranoïaque. Remarque, il est maintenant “out”, paix à son âme, je ne m'apitoierai certainement pas !
Au sujet de la paranoïa, avez-vous lu simplement lu les textes qui en décrivent les symptômes avec précision, en avez-vous rencontré dans votre pratique ?
Sinon, je te donnerai, à toi et à qui cela intéressera, juste une petite indication. Une (ex-)enfant née à l'Hôpital Rothschild à Paris entre deux rafles, juste avant les premiers convois en partance vers Birkenau dans l'histoire la déportation des Juifs de France, sauvée par des non-Juifs, des “Justes”, c'est-à-dire ayant connu, d'origine, la persécution réelle, ne peut pas être paranoïaque.
Ceux et celles qui n'ont pas supporté, qui n'ont pas été aidés, qui ont tourné délirants, se sont trouvés dans l'incapacité de vivre parmi la cité et d'y exercer une profession en relation avec la psychanalyse, laquelle exige un équilibre, une solidité psychiques particuliers pour ne pas risquer de “transmettre la mort”, selon l'expression de Françoise Dolto, aux analysant/e/s. Ces êtres-là ont peuplé et peuplent encore les services psychiatriques et autres mouroirs. Il y eut également, il y a encore aujourd'hui, parmi les déportés revenus, parmi les enfants et petits-enfants de déportés non-revenus, très jeunes et moins jeunes, tout au long de ces 60 ans, un taux de suicides effarant, dont “on” ne parle jamais, tabou.
Revenons à vos agissements.
Et cette pauvre M., venue voir in situ si je n'étais pas morte, bégayant des insanités sorties tout droit de la bouche de C., une escroc inculte, véritable “demi-mondaine” - tout le monde analytique le sait -,  sur des concepts psychanalytiques auxquels elle n'entend rien, pas plus que toi et les autres précités. Non par manque d'intelligence, mais par absence d'intérêt pour ceux, femmes, hommes, enfants, vieillards, dont vous êtes censés vous occuper professionnellement de leur insupportable mal-être.
De plus, en dehors des exhibitions “Show-bizz”, il n'y a guère de témoignages très fameux sur vos pratiques et leurs résultats. Les enseignants échappent à ce constat public, seulement l'enseignement n'a rien de commun avec la pratique analytique. Depuis Freud, un grand siècle, nous savons d'expérience que la transmission d'un savoir universitaire est stérile pour la psychanalyse, par définition et même par principe, lorsque le sujet ne s'est pas “soumis” [Freud] à une analyse personnelle d'abord. La transmission universitaire seule, par effet de transfert et processus d'identification des élèves à l'enseignant, ne produit que des “clones” qui se “prennent” pour des analystes.
Ah ! Si encore vous étiez un vrai “Lobby”, franchement, honnêtement déclaré... plutôt qu'une marmaille de petites sectes avides d'argent, d'apparences et de divertissement...
De plus, comment peut-on être psychanalyste quand le fond de son âme, de sa démarche humaine, de ce à quoi l'on destine sa vie, est mû par l'hypocrisie, la veulerie, la cupidité ? Quel message reçoivent alors, véritablement, les analysant/e/s, via leur transfert ?
Je suis loin d'être la seule à dire que vous aurez gaillardement contribué à piétiner l'invention de Freud, à la salir, à jeter à l'égout l'histoire de la psychanalyse, en même temps que vous établissiez pendant des années votre publicité sur celle de la déportation des Juifs.
Dès que je me suis aperçue des pratiques de ton “analyste“, il y a donc fort longtemps, hélas trop tard, j'ai essayé de t'en informer, et c'était extrêmement délicat, rapport justement à ton transfert massif sur C. Non seulement en vain, mais de plus, tu as trouvé intelligent de dire et même d'écrire sur moi des  saloperies de culs-de-basse-fosse.
J'espère que cette fois-ci tu auras le courage de faire suivre ce courrier de ma part à C. et à M. Sinon, préviens-moi et communique-moi leurs adresses mails, je ne sais plus où elles sont dans mon fatras de courrier désagréable, et n'ai aucune intention de perdre du temps à les chercher.
Par ailleurs, je transmets ce courrier à deux collègues, qui ne sont pas pour rien dans cette affaire honteuse, et dont j'espère qu'eux, au moins, auront le courage de le faire circuler.
 
Là-dessus, bonne année 2008,
M. W.
 
 
Paris, le 27 décembre 2007
Chère Dr S.,
 
il ne suffit pas de s'élever contre mes observations, encore faudrait-il que vous trouviez, toi et les tiens, les arguments suffisamment étayés et sérieux pour en prouver le non-fondé. Que tu sois d'accord ou non ne m'intéresse pas, encore une fois, nous n'avons pas gardé les mêmes oies. Le déroulement de cette affaire écœurante est déjà sur le site depuis un certain temps. La suite, hélas, est en cours de rédaction et y sera prochainement placée. Bien à toi.
M. W.
 
 
Paris, le 28 décembre 2007
S.
 
Pour que tu m'écrives toujours sur le même ton qui se veut léger, je pense qu'après toutes ces longues années, tu n'as pas encore réalisé et mesuré l'étendue et la gravité des dégâts auxquels tu as participé.
J'avais constaté depuis fort longtemps que C. t'instrumentait - tu n'es pas la seule, elle procède ainsi avec tout le monde - pour se faire valoir dans le milieu analytique et mondain. Dès que j'ai compris mon erreur - lui avoir adressé exclusivement ton fils, puis l'ayant très vite priée de ne pas mélanger les genres -, j'ai essayé maintes fois de t'ouvrir les yeux et les oreilles mais me suis heurtée systématiquement à une attitude bornée, sourde.
Tu ne peux pas t'intituler analyste à partir de comportements pervers qui discréditent la psychanalyse, c'est hélas encore une fois le sujet de mon prochain texte. Bon vent !
M. W.
 
 
Maintenant, côté xénophobie ordinaire récurrente dans le monde institutionnel et personnel non-analytique concerné par la déportation,
 
 
Paris, le 19 décembre 2007
Chère ***,
 
dans le courrier que j'adresse aujourd'hui aux FFDJF, je demande à Klarsfeld de bien vouloir te proposer de ne plus emprunter, ni à mon carnet d'adresses, ni à mes travaux. Ou alors d'avoir l'urbanité de me citer.
Il semblerait que depuis près de 25 ans que je cotise aux FFDJF, tu as pensé, ou même pas, que j'étais un peu débile et ne m'apercevais de rien - à commencer par l'hommage modeste de notre jeune association en avant-première, à Denise Baumann lors de l'imminente parution de son livre en 1988 [Lien] encore de son vivant, en sa présence, auquel les FFDJF n'ont pas daigné assister bien que les ayons invités, mais qui t'a peut-être inspirée pour celui que vous avez rendu public, officiellement et avec les confortables moyens dont nous sommes dépourvus, après la mort de Denise, en 1989.
J'ai essayé de passer sur tout cela en cette année 2007, après que tu m'as fait part de ton accident et de l'obligation pour toi de cesser tes activités. Au contraire, je t'ai publiée et ai contribué à ce que ton livre se vende bien.
En retour, j'ai eu droit à une méchanceté qui m'a stupéfiée. Alors, arrête au moins de te servir à coups de pioche des infos et des textes et photos, que nous communiquons aux FFDJF depuis 20 ans, sur ma chair d'(ex-)enfant de la Shoah qui, de plus, n'a pas eu la chance de bénéficier d'une famille, même clairsemée, ni d'appuis financiers. Tout ce que j'ai réalisé, je l'ai fait avec les seuls revenus de mon travail. Personne, parmi les institutions officielles, à commencer par les institutions juives, mais pas seulement, n'a trouvé rentable de m'aider. Par contre, pour se nourrir de mes capacités intellectuelles, alors là, quand il y a de la gêne, n'y a pas de plaisir !

Tu trouveras nos vœux et les réalisations audio / vidéo de 2008 sur notre site à « Courrier ».

M. W.

 
 
À Serge Klarsfeld, par courrier postal, avec d'autres documents.
 
Paris, le 19 décembre 2007
 
Cher S. K.
 
Aurez-vous un jour l'opportunité de me dire, oralement ou par écrit, la raison pour laquelle vous ignorez systématiquement mon existence, les travaux que je vous communique scrupuleusement, ceux de l'association que j'ai créée, son site, depuis presque 25 ans que je cotise aux FFDJF ?
Par ailleurs, je souhaiterais vivement que *** ait l'urbanité de me citer quand elle emprunte à mon carnet d'adresses, à mes textes, également depuis 25 ans, à commencer par l'hommage à Denise Baumann. C'est pour d'aussi basses pratiques que j'ai dû dater et inventorier au dépôt légal, tous mes travaux depuis 1964.
Je me suis souvent demandé si ***, quand elle était encore en “activités”, communiquait les infos et documents que j'adressais aux FFDJF, ou si elle se contentait de piocher dedans sans la moindre délicatesse. Si elle les a transmis, alors je ne comprends pas très bien le mépris dont nos travaux font l'objet depuis une grande génération.
Je vous ai fait parvenir la traduction de « À la bonne adresse » [Lien] une première fois en 1993, une seconde, lors d'une réédition, en 2003. Je n'ai jamais trouvé dans mon courrier le moindre accusé de réception de ce récit, qui est un authentique agent de transmission de solidarité et de l'espoir, je n'ai du reste jamais reçu, concernant la vie de votre association, que d'irréguliers et épisodiques bulletins, aucune autre info sur les activités des FFDJF.
En souhaitant beaucoup être enfin éclairée sur ce long et pesant silence, recevez mes meilleurs vœux pour 2008,

M. W.

À Serge Klarsfeld, par mail.

 
Paris, le 23 décembre 2007
Cher S. K.,
 
Suite à mon récent courrier postal, dont j'espère que vous en tiendrez compte, voici en pièce jointe comment j'ai commencé de résoudre le problème de ma résidence ici... seule comme d'habitude. En pièce jointe également, ce qui intéressera peut-être Arno, puisqu'il a côtoyé des analystes, un exemple de règlement de comptes... c'est la loi du milieu !
J'ai fait une demande de “logement social” (!) en 1999, toutes conditions remplies, y compris, en 2002, un ordre d'expulsion de la rue Asseline. En vain. Et continue mes démêlés avec la Mairie de Paris à ce sujet, seule également, mon loyer et l'environnement ici étant insupportables. J'essaie de transmettre à qui ne veut pas l'entendre que je ne demande qu'une chose : des conditions matérielles décentes pour porter à terme, toujours inachevé, en silence, ce que j'ai entrepris de réaliser afin que ma vie ait eu un sens, notamment rassembler mes notes et écrits depuis près de 40 ans de façon à leur donner forme lisible.
À ce propos, celui de mon expulsion du XIVe Arrdt de Paris, qui m'a obligée à interrompre mon travail pendant des mois et donc m'a mise sur la paille, lorsque je vous avais demandé, ne sachant plus où me tourner ni vers qui, de bien vouloir m'aider, il m'avait été répondu par vous-même que vous ne vous occupiez que de crimes contre l'humanité. Ce que je conçois aisément. Vous m'aviez alors donné l'adresse d'une avocate... amie de Z., dont vous connaissiez parfaitement les basses pratiques ! Grand merci !
Du reste, j'ai toujours été surprise par ceci que, grâce à vos relations éminentes, vous n'aviez pas mis en place, non pas une “aumônerie”, à l'instar de formidables organismes sociaux, ou plutôt humanitaires, et préférentiellement ceux qui n'obtiennent pas le statut d'utilité publique de solidarité, mais, par la génération de vos enfants, un service professionnel juridique efficace à l'intention des vivants de tous les âges que sont les cotisants des FFDJF, pour garantir leurs droits de citoyens quelle qu'en soit la nature.
Non une “aumônerie” car une “aumônerie” n'aurait été qu'une “aumônerie” supplémentaire, certes indispensable, urgente même, puisqu'une “aumônerie”  demeure un formidable relais de vie. Seulement, une “aumônerie”contraint les sujets parlant et pensant à renier leur dignité d'être humains, elle participe d'une sorte d'instrumentation souterraine de l'être humain.
 Elle les contraint, pour les plus fragiles c'est-à-dire, de loin, les plus nombreux, à revendiquer ou à avaler leurs revendications qui se convertissent alors en symptômes gravissimes de névrose obsessionnelle, mais elle les contraint d'abord et toujours à quémander. Les autres, les encore plus fragiles, de tous les âges et conditions, meurent ou tournent fous.Et c'est cela qui est indigne de la société humaine dans un pays riche, et à cela, non.
Pour garantir la dignité en soi, les élèves de Freud et d'Anna Freud, ceux qui avaient le souci d'assurer une formation analytique permettant d'aider l'être humain, à commencer par le jardin d'enfants jusqu'aux confins de la vie, dans Vienne, restée l'une des capitales les plus antisémites d'Europe Centrale, et alentours, à Berlin, avec la fortune d'héritières américaines non-juives, analystes/analysantes, ces élèves,  sans aucun autre moyen que leur désir d'instruire au devoir pour chacun/e au respect du sujet, parlant ou ne parlant pas, pensant ou ne pensant pas, assurèrent la formation analytique et l'éthique qui lui est inhérente, aux directrices de maternelles et de primaire, aux éducateurs et éducatrices, aux puéricultrices, aux institutrices, aux travailleurs de rue, dont le médecin non-juif August Aichorn, dans des écoles, les universités, dispensaires, hôpitaux, asiles, mouroirs, tous dispositifs obligatoirement privés pour cause d'antisémitisme d'état,mais aussi dans la cité.
Poursuivons avec ce qui m'occupait plus haut.
De même, quand vous avez publié la lettre que j'avais adressée à l'Amicale d'Auschwitz [Lien], dans laquelle, semblerait-il j'étais la seule parmi les héritiers de la déportation à dire ce que beaucoup pensent mais n'ont pas le courage ou la force d'énoncer en face, d'une part et probablement pour cette raison, vous ne m'aviez pas demandé mon avis avant publication ; de l'autre vous aviez ajouté une ligne de commentaire, sans doute pour vous dédouaner de toute responsabilité, qui m'avait profondément déplu, sur mon supposé état psychique qui aurait été en sub- ou crypto- dépression. Et sans me demander mon avis non plus.
Je n'apprécie, ni de vous, ni de personne, des considérations psychologiques de magazines “people” et ai d'ailleurs rassuré, par droit de réponse non publié par vos soins, les FFDJF, qui étaient tout sauf inquiets - ils ne me connaissent pas ! -, sur mon état mental. Lequel est aujourd'hui, malgré les difficultés énormes et les pics de découragement, en très bon état. Sans lequel j'aurais été et serais incapable d'exercer mon noble métier. Qu'il m'arrive d'avoir l'idée d'en finir avec cette triste humanité et ses écœurants comportements, n'est en aucune façon signe de déséquilibre, c'est au contraire une marque d'entière liberté de penser, d'exister, de témoigner.
Là-dessus je pars faire la fête à la Villette avec Kenza [cf. Lien audio Baba Yaga sur le site] et autres enfants de la Villette, leurs parents, Juifs et Arabes.
Et vous renouvelle les vœux de mon association et les miens, qui figurent sur le site également, pour 2008.
Micheline Weinstein
 
Le troisième volet porte sur l'antisémitisme virulent et ouvertement déclaré, évoqué dans cette lettre, qui caractérise ce quartier, ses rues, ses commerces, cet immeuble. La crudité en est telle que, ne voulant pas terminer en plagiant Céline, je l'épargne au lecteur. J'ai transmis tout “ça” à Klarsfeld, pour info.
 
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Recevez, avec mes remerciements pour votre patience de lecture, Chère Élisabeth Roudinesco, l'assurance de ma sincère considération et naturellement mes vœux d'espoir de réalisation de désirs pour 2008,

Micheline Weinstein

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cela ne va pas sans dire
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